Reportage photographique: « Jouets sous surveillance »

Les agents des douanes traquent les défauts susceptibles d'être dangereux dans les jouets importés.

A l’entrée du laboratoire, les jouets s’entassent. A Certains, ils manquent un oeil, un bras, une roue et présentent des traces de brulures. En face une pile de jouets neufs semblent attendre le même mauvais sort.

En face sous une hotte aspirante géante, un technicien des douanes s’apprête à faire subir le test du feu à une peluche. Auparavant il avait essayé de lui faire sauter les yeux avec une sorte de lame en métal et de lui arracher le museau avec une pince hydraulique.

Munis d’un chalumeau et d’un chronomètre, le tortionnaire en blouse blanche s’apprête à soumettre le jouet au feu de la torche et à mesurer la vitesse de propagation des flammes. Si elle est supérieure à 3 cm par seconde le jouet sera recalé, car non conforme aux normes de sécurité européennes. Tous ces semblables qui l’attendent dans un conteneur dans le port du Havre se verront refuser l’accès du territoire Français ainsi que de l’Europe.

C’est en effet dans le port du Havre, grâce à un logiciel chargé de repérer dans les déclarations en douane les marchandises potentiellement litigieuses, que les douaniers ont fait procéder à l’ouverture de ce conteneur provenant de Chine.

Après avoir fait sauter les scellés un douanier avait d’abord inspecté la solidité des jouets avant de décider d’en envoyer quatre exemplaires dans le laboratoire spécialisés dans l’analyse des jouets à Marseille.

Dans ce laboratoire, jeux et jouets provenant d’importation hors de la CEE subissent des tests calibrés de chutes, de chocs, d’étirement, d’inflammabilité, de mesures de la vitesse d’éjection des projectiles provenant d’imitations d’armes ainsi que des tests chimiques pour connaître leur toxicité. On se souvient des jouets Mattel qui contenaient 200 fois plus de plomb que la limite autorisée ou des jeux Aquaperl dont les billes de couleur étaient recouvertes d’une substance chimique 1,4 butanédiol qui se transforme en un acide très toxique une fois ingéré), ils avaient été interdit de vente et renvoyés à l’exportateur.

Au laboratoire de Marseille, en 2006, 600 tests ont été effectués sur des jouets. La moitié ont été jugés non conforme et ce sont vus interdire l’accès au territoire français.

 Liens vers les autres reportages photographiques: